Gestion différenciée


En accueillant la faune…

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… en servant le couvert aux oiseaux, ou en gérant vertement votre jardin :

Sous le Haut parrainage du Conseil général des Hauts de Seine

IMG_9379 - copieLa Gestion Différenciée dans les Hauts de Seine, département pilote, visibilité internationale et service à la Terre.

Document de Synthèse, Laure Dupuy, 31/08/2007 

Le département des Hauts de Seine a mis en place une gestion différenciée de l’environnement dans le souci de protéger la biodiversité par l’utilisation de techniques altératives et progressistes plus soucieuses de l’environnement. Ce document est une synthèse destinée aux professionnels et présentant milieu par milieu les méthodes employées.

Devenir paysagiste, pas toujours si facile. 

Voici un guide pour vous aider, en souhaitant les plus belles réalisations !

                                                                                                                                                                                                        

 

PLAN 

Préambule puis : 

UNE APPROCHE NOUVELLE DES DIFFERENTS MILIEUXcarte

A Pelouses, prairies et haies

1. Revenir un peu en arrière…

2. Un gazon plus écologique, qu’est-ce que c’est ?

 

3. Fleurissement des pelouses horticoles

4. Quelles sont ces fleurs des pelouses horticoles ?

5. Présentation d’une parcelle témoin d’une Gestion Différenciée : Pelouse Urbaine, au Mont Valérien

6. Les fleurs des prairies sont plus nombreuses sur des sols pauvres :    L’appauvrissement d’un sol

7. Les effets de la coupe

  • Sur les floraisons 
  • Sur la flore 
  • Sur la faune 

8. Prairies fleuries

  1. Des résultats encourageants

   10. L’entretien écologique des haies

B Les milieux boisés, exemple du parc de la Vallée au Loups

C Les friches

           1. Description des opérations de gestion des habitats

  1. Opérations à effectuer pour favoriser et conserver la biodiversité du milieu « friche »

           3. Pérenniser les aménagements existants

           4. Conclusions du bilan de cinq années de gestion

En Conclusion : Des palettes végétales qui vont vous plaire : des palettes végétales Par Milieu végétal ! (ces plantes à oiseaux dont vous cherchiez le nom).


Préambule

10338237_722718881110863_5506915458113980859_nxfya31Le contexte de ce début de siècle place l’environnement en tête de l’intérêt général ; au nombre des catastrophes naturelles, on compte la pollution de l’atmosphère, le changement climatique et la disparition d’un grand nombre d’espèces de la diversité biologique. Cette dernière catégorie a suscité des réactions qui doivent se répandre pour être efficaces.

L’une d’entre elle a récemment frappé mon observation dans le cadre d’un stage au conseil Général des Hauts de Seine, c’est la pratique d’une Gestion différenciée.

Dans le cadre de cette étude, je brosserai le contour de mes observations et retracerai à travers les différents entretiens et documents procurés par les membres du Conseil Général du 92 une sorte de parcours initiatique qui mène à une appréhension constructive de cette démarche.

Démarche que je tenterai de définir comme un modèle d’avenir en même temps que j’offrirai avec l’accord du CG du 92 les outils qui permettront au lecteur de la mettre en pratique.

 

Tout d’abord, revenons à un contexte qui, très concrètement, justifie de se pencher sur les milieux urbanisés. Les villes s’étendent et mangent d’avantage chaque année sur la campagne, les pavillons éloignent les citadins de la nature chaque jour un peu plus et dans son avancée, la ville oublie bien souvent la notion de corridors écologiques sur laquelle il est pourtant bien difficile de revenir après coup. Les espèces en voie d’extinction vont en nombre toujours croissant et l’alarme lancée sous l’égide du Climat trouve hélas des résonances dans nombre d’autres facettes de l’environnement.

1658277_10152455120818297_7882787409636569544_oPour offrir une qualité de vie minimum aux citadins, cependant, les surfaces des espaces verts augmentent. Leur entretien constitue souvent des charges lourdes, qui peuvent pourtant être allégées si l’on dépasse l’ancien modèle horticole et les fonds réutilisés pour d’autres besoins. Ce modèle ancien ne répond pas non plus aux aspirations nouvelles des citadins qui expriment de plus en plus le besoin d’un contact « réel » avec la nature.

Pourtant, partout le patrimoine naturel existe et se ressème, offrant ses possibilités aux concepteurs et aux pratiques. Les mentalités évoluent et le coquelicot n’est déjà plus une mauvaise herbe. Il ne s’agit pas seulement de mettre en place une nature nécessaire, mais aussi d’apprendre à regarder différemment ses débordements. J’étais frappée de constater qu’une préoccupation commune des responsables actifs en matière de gestion nouvelle et de communication s’avérait d’être contraint d’interrompre les processus fragiles, dont je m’appliquerai à rappeler qu’ils sont à la pointe de la recherche, tant en matière de paysage que d’intérêt pour la biodiversité, à la merci d’usagers voyant un laisser aller dans une moindre tonte.

ruchePourtant, préserver la flore spontanée ou la fréquentation d’une faune « invitée » par elle, nécessite de laisser parfois soigneusement le temps faire son affaire ; et les tontes répétées qui troublent en même temps le silence, consciencieusement espacées, laissant ça l’herbe haute ou ici un tas de branches mortes, (cf. annexe les nettoyeurs de la nature), ou encore là une meule qui se décompose.

Résumé

Cette approche décrit comment la mise en place raisonnée, d’un entretien plus naturel, plus « écologique » et plus économique est un progrès dont les circonstances ne sauraient se passer. En proposant un voyage au cœur

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des différents milieux rencontrés dans les espaces verts urbains puis en désignant tour à tour deux extrêmes dans les parcs de prestige qui ont su mettre en pratique une gestion différenciée qui loin de leur porter préjudice leur sert et les embellit : parc à la française de Sceaux et parc composé mais très naturel de la Vallée Aux Loups en allant ensuite jusqu’à cette étonnante composition des jardins imprévus de l’île Saint Germain qui fut le premier à expérimenter la gestion nouvelle dans les Hauts de Seine et qui permet d’observer cette pratique à un stade avancé, j’amènerai le lecteur à concevoir un éventail des possibilités offertes par la Gestion Différenciée. Je parlerai également des limites rencontrées sur mon chemin de paysagiste, ayant à l’idée de mettre en pratique cette gestion et les orientations nouvelles que m’ont suggérées cette étude.

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ANALYSE DE LA POLITIQUE DE GESTION DIFFERENCIEE, A TRAVERS LA PRATIQUE DU CONSEIL GENERAL DES HAUTS DE SEINES

Parmi les initiatives visant une amélioration du respect de l’environnement et plus généralement, du monde dans lequel nous vivons, la pratique d’une gestion différenciée est une approche qui vise à une attitude repensée, et plus adaptée des acteurs de l’aménagement des paysages.

Plus loin pour qu’elle devienne éducative…

Ochropacha duplaris3Aricia agestis 2Polyommatus icarusLe département des Hauts de Seine est un département Pilote, il s’investit depuis plus de 15 ans dans des actions en faveur d’un développement durable et compte 2740 ha d’Espaces Naturels Sensibles alors qu’il est après l’île de France le département le plus urbanisé en France, il a fixé des objectifs pour les ENS:

-connaître et comprendre la biodiversité, – développer des mesures de conservation et de gestion, -favoriser le renouvellement des ressources naturelles, -sensibiliser et former y compris les aménageurs et les acheteurs en amont de l’aménagement du territoire.

bois poulaillers palettesAujourd’hui il propose un « Agenda21 qui se veut exemplaire en matière de gouvernance » et investit temps, personnels hautement qualifiés, recherches et moyens dans cette politique active et qui se pose en modèle, ouvert à l’idée d’être reproduite et appliquée autant que d’intéressés se proposent d’y puiser. Ce sujet s’intéresse à recenser les fruits d’une expérience qui peut et doit être utile. Potentiel d’inspiration grâce à une mise en pratique, repensée et améliorée régulièrement ; grâce à une observation concertée et grâce au suivi des résultats.

Les actions et les mesures ont ce courage d’avoir été prises de façon responsable, devant l’état d’urgence et cela malgré les difficultés évoquée plus haut et sur lesquelles je reviendrai, quand l’apparence est trompeuse et quand le travail tarde à se voir, quand il faut apprendre au public à ouvrir les yeux, sur les oiseaux dont la présence est fragile, quand les actions ne sont pas visibles ou laissent croire à un laisser aller : je parle de courage.

C’est une bonne leçon qui doit inspirer, l’absence de popularité temporaire ne doit pas primer sur l’essentiel.

 Les données indispensables à la compréhension du sujet dont nous traitons 

  • La crise et la biodiversité, des chiffres étonnants :

11376_825125347517774_4153964154133342619_n Panonichoirnichoir-oiseau-magiqueLa biodiversité, c’est le monde du vivant ; on estime à 15 millions le nombre d’espèces dans le monde alors qu’on en a recensé seulement 2 millions. Les cultures intensives ont détruit la biodiversité et on observe un phénomène étonnant : c’est dans les zones urbaines que la biodiversité est la plus importante, d’où l’importance des recensements faunistique et floristiques dans espaces verts.

  • Repenser l’avenir c’est élaborer des codes comportementaux sur les quels on reviendra, ils s’appliquent à des priorités énoncées par l’Agenda21 :

-biodiversité et aménagement – biodiversité et gestion des espaces publics – biodiversité achat et comportements :

Pratiques et usages sur :

  1. gestion des sols
  2. morcellement
  3. gammes végétales et structures de végétation (pour la faune)
  4. espèces invasives
  5. berges et zones humides
  6. techniques d’entretien
  7. éclairage
  8. espaces naturels non reconnus (friches, délaissés…)
  9. les espaces minéraux :- toitures végétalisées, -aménagement des façades (hirondelles…)
  • Une nécessité écologique

prairieLa conception horticole et généralisée des espaces verts dans ces dernières décennies et leur entretien intensif « banalise » les espaces de nature en ville. De plus, l’entretien intensif élimine une grande partie des plantes et animaux indigènes. Ce remplacement de flore locale par des plantes exotiques a souvent des conséquences négatives sur l’environnement : destruction des équilibres écologiques, prolifération des ravageurs de culture, des maladies, et des plantes de plus en plus envahissantes et résistantes aux traitements. L’usage abusif de produits chimiques accentue ces déséquilibres et entraîne une pollution de l’eau ; l’évacuation des déchets végétaux empêche l’humus de se constituer ce qui entraîne un appauvrissement des sols.

  • De l’horticole à l’écologique

Une notion nouvelle définit la Gestion différenciée comme l’après « horticole », le choix des végétaux se fait parmi une palette indigène et souvent il s’agit de choisir dans la flore native, non invasive et spontanée qui s’est installée ou ressemée : celle qui présente le meilleur intérêt pour l’avenir tant au regard des priorités écologiques que de la demande sociale.

  • Une demande sociale

fleurs natureAvec l’urbanisation importante de ces dernières années, les espaces verts urbains assurent des fonctions de plus en plus diverses : espaces de loisirs, de détente, de rencontre et de convivialité. L’environnement est une préoccupation croissante des habitants qui ont une conception de plus en plus naturelle des espaces verts et qui réclament la présence de flore locale et la possibilité de marcher sur les pelouses…

  • Une réponse économique

L’entretien traditionnel de l’ensemble des espaces verts coûte cher : temps passé, produits phytosanitaires, engrais… Les coûts peuvent être réduits en adoptant des méthodes extensives telles que la réduction des tontes, le remplacement du bêchage et du désherbage des massifs par une couverture organique du sol…

  • Le Code Vert

La réalisation d’une carte d’objectifs d’entretien des espaces verts tel que le propose le « Code Vert », permet d’affecter le temps et les moyens là où cela est vraiment nécessaire. Ce Code établit et appliqué par plusieurs communes du district de Rennes est la base d’une gestion différenciée et ses tableaux sont présentés en annexe, il concerne en priorité les surfaces enherbées et a pour effet de favoriser l’apparition de nombreuses plantes sauvages fleuries et toute une faune associée. En effet, l’esthétique d’une prairie est aussi intéressante, bien que différente que celle d’une pelouse rase, et s’accompagne d’un effet écologique d’accueil.

  • Des expériences intéressantes

legerCréteil : Plan municipal d’environnement

Un plan de sensibilisation/communication : rédaction de livrets explicatifs du type « Charte de l’arbre », ou mini guide des « espaces verts à Créteil », action pédagogique dans les écoles, les jardins familiaux, création de parcours pédagogiques.

Paris : la création en 1986 du service Paris Nature, et l’ouverture de nombreuses structures sont ouvertes au grand public : Maison de la nature du parc floral, Maison de l’air, Maison du jardinage, Arboretum du Breuil ou d’autres initiatives à destination des enfants des écoles et des centres de loisirs : la Maison des cinq sens, les Ateliers de jardinage, les Bus Nature ; le plan de Paris – Nature est présenté en Annexe.

Voir dossier ministère la sensibilisation des publics par les CAUE

La Problématique

Ile de la Cité - Rainbows[4]Comment faire de la pratique de la Gestion différenciée un point de départ d’une nouvelle aire en matière d’environnement ; comment celle-ci ouvre sur une nouvelle approche. Après des siècles d’histoire des jardins où la composition esthétique était maîtresse, prendre appui sur les nécessités pour accepter une esthétique nouvelle, racontant l’avenir.

Un avenir qui doit puiser dans les modèles respectueux de la nature pour créer une nouvelle page de cette histoire des jardins. Une histoire qui commence par le respect des exigences de la nature et de sa diversité et qui doit pouvoir appuyer les exigences d’une nature qui affirme ses besoins pour sa subsistance. Dépendante de l’action des hommes.

Ce document a l’ambition de coopérer dans l’action où s’est engagé le Conseil Général des Hauts de Seine en département pilote.

Je propose ici une synthèse des actions nouvelles expérimentées, qui permettra à tout un chacun de puiser dans ce modèle inspiré par le respect et la protection de l’environnement ; un document qui peut servir aux acteurs de l’aménagement des territoires.

J’essayerai de recenser les mesures reproductibles à plus où moins grande échelle.

            using shallow ceramic bowl 10917883_10152622216083297_270667975089828769_n 10980724_1007511295925655_4679627790289701249_nComment réintroduire un environnement diversifié dans les parcs urbains Ce qui viendra à soulever les questions, de potentiels écologiques des différents milieux, et de fréquentations du public de la faune indigène.

En offrant des Exemples et suggestions d’actions pouvant être pratiqués par les acteurs du paysage dont la source est le Conseil Général des hauts de Seine.

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Dans une première partie les types de milieux les plus rencontrés des espaces verts urbains seront abordés : milieux ouverts, pelouses et prairies, haies, milieux boisés, friches et délaissés ;

Dans une seconde partie, des cas particuliers d’applications remarquables de la gestion différenciée seront énoncés : Trois Parcs Pilotes de la Gestion Différenciée dans le 92. Le premier ayant attrait au Parc de l’île Saint Germain, parc pilote et où cette gestion remonte suffisamment pour être observée à un stade avancé, le second, le parc de Sceaux, parc historique et vitrine de la Gestion Différenciée telle qu’elle est pratiquée par le Conseil Général du 92 et enfin je terminerai cette seconde partie par l’observation du parc à vocation naturelle de la vallée aux loups.

I.UNE APPROCHE NOUVELLE DES DIFFERENTS MILIEUX

A. Pelouses, prairies et haies, des milieux répandus dans les parcs et jardins et pas si compliqués à transformer, d’après l’approche du Code Vert * :

1. Revenir un peu en arrière…

 Dans les milieux urbain, les pelouses prédominent et pourtant cet entretien est le fait d’un phénomène récent, c’est la mécanisation de la tonte de l’herbe au milieu du XXeme siècle qui généralisa cette entretien extensif qui jusque la était le fait de fait de petites surfaces de gazon rases à proximité des habitations.

Cultiver la différence entre pelouses et prairies naturelles fauchées faisait donc partie du paysage de tout temps et profitait à toute une faune associée : papillons, bourdons, sauterelles, coléoptères, grillons…

Les pelouses ou prairies fleuries, c’est la nature qui entre dans la ville offrant même aux habitant une qualité de vie qui s’est un peu perdue avec leur disparition.

Pour transformer une pelouse classique en pelouse fleurie ou en prairie haute peu d’actions son nécessaires mais requièrent un matériel approprié :

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Muni d’une tondeuse frontale, ou d’une tondeuse à fléaux, barre de coupe rotative, le but étant d’éviter le broyage pour préserver l’enthomofaune. L’opération consiste seulement à monter la hauteur de coupe à 7 à 8 cm, d’espacer les tontes à 8 par an pour une pelouse fleurie, et de 2 à 4 par an pour une prairie, d’arrêter tout apport d’engrais et sur sol fertile, de ramasser l’herbe coupée 3 jours après la fauche pour laisser aux insectes le temps de migrer au bas de la plante et pour appauvrir le sol, condition du fleurissement.

 

            2. Un gazon plus écologique, qu’est-ce que c’est ?

Le choix de la semence est fondamental, semer les bonnes espèces aux bons endroits et utiliser les bonnes variétés permet de créer un bel espace vert qui répond aux attentes, soit… Mais aussi, c’est ce qui permet de réduire les arrosages et donc d’économiser de l’eau, de réduire les produits phytosanitaires ou de les supprimer, de réduire les temps de tonte et donc les coûts de mains-d’œuvre et les coûts de maintenance du matériel, de réduire les réfections de regarnissage, et donc encore les coûts.

Face à l’économie réalisée à l’achat d’un gazon de moindre qualité, la perte est substantielle et la différence est de l’ordre de 60 à 80 % en coût de maintenance.

* Code Vert, document réalisé par Rennes district, dans le cadre du protocole Environnement District- Etat, conçu par l’AUDIAR, avec la collaboration de Denis Pépin, Ingénieur Ecologue, Christine Lemaire, paysagiste et Bernard Garnier, écologue ; mai 1995.

3. Fleurissement des pelouses horticoles

parc de la Villette, Paris 19ème (75), juillet 2013 11-05-10_prairieEn vieillissant, et en l’absence de désherbage sélectif, les pelouses horticoles s’enrichissent en plantes spontanées, dont certaines à fleurs annuelles et le plus souvent vivaces.

Cet enrichissement est lent, surtout si la densité des graminées est forte et si le sol est riche et donc, favorable aux graminées.

L’enrichissement est rapide quand le sol est pauvre ou que la densité de semis des graminées est faible. C’est pourquoi il est préconisé d’évacuer le produit des fauches pour appauvrir les sols.

4. Quelles sont ces fleurs des pelouses horticoles ?

 

gazon-fleuri-5 P1010890webDans les pelouses horticoles, la coupe régulière rase ne permet qu’à des plantes basses de se développer, celles dont les feuilles courtes en rosettes, situées au ras du sol, échappent aux lames de la tondeuse. Ces sont généralement des plantes vivaces, considérées comme des « mauvaises herbes » : pâquerette, plantain majeur, brunelle, achillée millefeuille, porcelle, pissenlit, renoncule rampante, potentille…

Si le sol est piétiné, la pelouse laisse alors aux plantes annuelles, la possibilité de se développer : paturin annuel, véronique, chénopode, renouée des oiseaux, amarante, matricaire, coquelicot…

5. Présentation d’une parcelle témoin d’une Gestion Différenciée : Pelouse Urbaine, au Mont Valérien

            Il s’agit d’une parcelle relativement enclavée, située sur un talus très pentu. Elle est occupée par une pelouse urbaine, présentant dans les parties les plus abruptes des plages rases pionnières. Ces zones ouvertes permettent le développement d’adventis des cultures, d’espèces thermophiles parmi lesquelles figure une plante rare en île de France, la Torilis noueuse (Torilis nodosa). Ces zones contribuent à la biodiversité florististique

vert d'or HobbitsObservons les principaux groupes écologiques représentés ; on y trouve des adventis de culture, les espèces des friches héliophiles, quelques ubuquiste prairials, des espèces nitroclines des lieux secs irrégulièrement piétinés, et les espèces des pelouses piétinée des pelouses urbaines. En tout, on recense 34 espèces d’une valeur floristique moyenne mais à 97% indigènes, ce qui est très intéressant pour favoriser la présence diversifiée de la faune locale.

La position de la parcelle, un peu à l’écart en fait un site adapté à l’emploie d’une gestion différenciée particulièrement efficace.

Méthode de gestion : Dans la zone de forte pente la gestion préconisée consiste  dans le maintien d’une formation ouverte par une fauche en fin de saison avec exportation des produits et le travail du sol superficiel autour de la station afin de permettre l’extension des Torilis nodosa.

Dans la pelouse plus dense, une fauche annuelle permettrait le passage vers une « prairie fleurie » plus diversifiée. Là encore, une intervention en fin de période de végétation et avec exportation des produits permettrait de faire régresser le cortège des espèces nitrophiles relativement abondantes et d’augmenter le cortège floristique.

Encore une fois, les pelouses les plus riches d’un point de vue écologique sont les prairies maigres.

6. Les fleurs des prairies sont plus nombreuses sur des sols pauvres : L’appauvrissement d’un sol

            Il s’obtient en ramassant les produits des fauches, si la prairie n’est pas encore semée, en décapant une partie de la terre végétale, ou pour les aménagements neufs, il suffit de prévoir une moins grande quantité de terre végétale qu’à l’accoutumé.

7. Les effets de la coupe

Sur les floraisons :

chenilles papillonLa plupart des plantes vivaces ont des boutons floraux situés prés du sol, au printemps, ce sont les plantes basses qui fleurissent en premier (pâquerettes…) puis, au cours du printemps, les tiges florales des plantes moyennes s’élèvent rapidement avec des fleurs à leur sommet. La tonte interrompt cette floraison, et si la tonte est courte, la plupart des boutons floraux sont éliminés. Tandis que si la tonte est haute, 7 à 8 cm, ils sont épargnés et les ébauches de tiges florales s’élancent à nouveau pour refleurir.

Si les coupes sont assez espacées, un mois et demi au minimum, il est alors possible de profiter des floraisons entre avril et fin juin avec une tonte haute à mi-mai, qui a d’ailleurs l’avantage de prolonger les floraisons en donnant un bon éclairement aux plantes basses.

Sur la flore :

Dans les prairies ordinaires, dominées par une majorité de plantes vivaces, la période de coupe a des conséquences limitées sur la reproduction des plantes. Les vivaces sont capables de se renouveler à partir de leur souche ou de leurs rhizomes.

En revanche, si l’on souhaite voir se développer certaines plantes fleuries particulièrement intéressantes pour leurs fleurs ou leur rareté, il faut attendre la maturité de leurs graines avant de les faucher afin de permettre leur réensemencement naturel.

Il en est de même dans les prairies pauvres où le tapis herbacé peu dense laisse la place à des plantes annuelles souvent jolies et rares qui peuvent se ressemer et germer sur des petites zones de terre nue.

Inversement, pour éviter les traitements, si la prairie est envahie de plantes indésirables, rumex, chardons…, il faut couper avant leur mise à graine.

Sur la faune :

751275_DIZNO4V7KX4G5G3LU7F2EWNH3ABLM8_004_H140509_L grenouille-sur-fleur Lys-martagon-et-gazeLa prairie est un milieu de vie très favorable à de nombreuses espèces animales qui exploitent le sol, et l’humus (lombrics, grillons, petits mammifères…), les tiges, les feuilles, les fleurs…

Les grenouilles trouvent souvent refuge dans les prairies humides. Le pollen et le nectar des fleurs sont utilisés par les insectes butineurs, les herbes sont consommées par les chenilles et divers insectes, les graines sèches approvisionnent les oiseaux. Les chenilles et les papillons sont souvent inféodés à des plantes particulières : le paon de jour sur ortie, le grand machaon sur la carotte, l’argus bleu sur le lotier, le sphinx colibri sur le Gaillet…

La tonte régulière de l’herbe d’une pelouse horticole est donc fatale à bien des espèces. Même dans une prairie, la coupe d’herbe est une période difficile pour de nombreux animaux.

Pour limiter cet impact et permettre à la faune de survivre, il est nécessaire de couper haut, de laisser l’herbe en place deux ou trois jours avant de l’enlever et de maintenir des zones refuge (parties non coupées et lisières herbacées, qui servent de zones de replis.

8. Prairies fleuries

 234209Pour transformer une pelouse horticole en prairie fleurie : augmenter la hauteur de coupe à 8 cm, arrêter le désherbage, arrêter la fertilisation, enlever l’herbe coupée, notamment entre mars et fin mai, puis en automne.

Pour créer une prairie diversifiée ou une pelouse fleurie haute : il faut savoir que les prairies les plus fleuries sont sur des sols peu riches et bien drainés ou, à l’inverse, très humides. Il peut être utile de décaper légèrement la couche arable superficielle pour réduire la fertilité du sol.

Un semi peu dense d’un mélange de graminées laisse la place aux fleurs sauvages. On considère qu’une densité de 1,5 kg à l’are est bien suffisante. Il faut limiter la quantité de Ray-grass ( 30% maximum) et éviter de semer la fétuque élevée, et préférer des graines d’herbes sauvages ou du foin mûr afin de hâter l’enrichissement de la prairie en plantes variées.

       9. Des résultats encourageants

passion4Les couleurs de la prairie changent au grés des floraisons dans les observations des prairies de Rennes on relève une régression des plantes indésirables telles que les rumex et les chardons, coupées avant qu’elles ne grainent.

La diversification de la faune est significative et ces opérations sont très appréciées des publics qui retrouvent dans les parcs le plaisir de faire des bouquets…

Au jaune des boutons d’or et des lotiers, blanc des marguerites, violet et brun des graminées, bleu du lin vivace, s’ajoute l’apparition de nouvelles plantes, en particulier en lisière des haies, là où elles ne sont pas coupées

       10. L’entretien écologique des haies

Haie vive style naturel, Arbuste en mélange imagesIl est important de rappeler que les haies ont un rôle écologique particulièrement intéressant pour l’environnement urbain, notamment en ce qu’il constitue un refuge pour la faune et la flore, tant pour les insectes que pour les araignées, les oiseaux et dans des milieux plus champêtres, pour les mammifères et les batraciens.

Elles sont une source de nourriture : pollen des saules, du prunellier, du noisetier, du cornouiller mâle… pour les insectes butineurs, feuilles et tiges pour les chenilles, et insectes phytophages, fruits pour les oiseaux…et les rongeurs (lierre, sureau, charme…)

Les haies sont des lieux de nidification, chaque étage est utilisé par certaines espèces pour y nicher et se reproduire comme la fauvette qui aime les arbustes denses où le rouge-gorge qui préfère le fouillis des herbes mêlées aux branches basses des buissons…en effet si une haie pluristratifiée accueillait 23 espèces d’oiseaux, une haie où ne subsisterait que des arbres ne pourrait en accueillir que 7 espèces, de plus la diversification des haies est un atout pour la lutte biologique en accueillant des insectes auxiliaires, les végétaux indigènes, participent activement à l’équilibre écologique.

ARBRESETHAIES4 chemin_arbore_JLMC’est également un lieu de refuge pour l’hiver et les intempéries, et il est essentiel de ne pas nettoyer la totalité d’une haie avant et pendant l’hiver afin de maintenir ces abris.

Enfin, les haies sont essentielles pour les liaisons biologique : corridors écologiques reliant les espaces verts entre eux.

Gestion préconisée : il est essentiel d’arrêter l’entretien chimique au pied des arbres et de créer une lisière herbacée ou assurer le bon développement de la végétation herbacée, les oiseaux pouvant ainsi se réinstaller dans ces manteaux et enrichir la haie en disséminant des graines, limiter l’extension latérale des haies.

Selon la composition initiale de la haie, il peut être nécessaire de diversifier la strate arbustive en sélectionnant les jeunes arbres d’avenir dans la haie, d’assurer la pérennité de des strates arbustives et arborescentes en opérant, recépage des arbustes, taille de renouvellement des arbustes âgés et éventuellement d’opérer la rénovation de la haie par des plantations complémentaires.

La densité et la diversification étant les objectifs d’une haie écologique, il peut être utile de provoquer l’émergence de branches basses en faisant des tailles de formation, afin d’obtenir des branches fourchues et augmenter les possibilités de nidification.

Dans tous les cas il est important d’adopter un calendrier d’interventions qui évite de perturber la reproduction des animaux présents.

papillons magieLorsque c’est possible, il est intéressant de maintenir une large lisière herbacée devant la haie, jusqu’à 2m non tondus selon la place disponible.

La taille la moins gênante et donc qui peut être la plus sévère devra être effectuée au début du printemps au mois de mars.

Si l’objectif et de densifier la haie, aucune taille n’est précisée laissant les arbustes pionniers s’installer d’eux-mêmes.

Il est important de toujours prévoir une zone de refuge pour la faune, non taillée, et non coupée pendant deux années consécutives. La zone de refuge pouvant être déplacée régulièrement (tous les 2 ans)

L’entretien latéral des haies peut être mécanisé.

Pour installer une nouvelle haie il faut limiter la concurrence avec l’herbe pendant 2 à 3 ans à l’aide d’un paillage (plastique…)

Pour contrôler les plantes envahissantes, l’arrêt du désherbage chimique au parc de Sceaux est remplacé par : un désherbage manuel, ou un désherbage à l’eau chaude, méthode Waipuna depuis 2005 méthodes sur les quelles nous reviendrons dans la partie consacrée au Parc de Sceaux.

B. Les milieux boisés, exemple du parc de la Vallée au Loups*

012 p1050827Les grands espaces boisés et les lisières sont présents à 75% dans les espaces naturels et représentent donc leur plus gros enjeux. A l’échelle d’un département, les centaines d’hectares jouent un rôle de connexion écologique, à l’échelle d’un parc, comme la Vallée aux Loups, ce sera par exemple la circulation des putois.

Pour revenir à petite échelle, dans presque toutes les forêts du département, on trouve des zones humides (5/6 à Meudon ou Malmaison…) ; la plupart sont parcourues par des ruisseaux, qui relient les Etangs.

L’Office National des Forêts gère les domaines de l’Etat. Une convention le lie au Conseil Général des Hauts de Seine, qui essaye de diversifier les milieux, protéger les lieux relictuels : landes à Genets… et s’engage à effectuer la remise en état des mares et les inventaires.

sentier du bonheurC’est ainsi qu’a été découvert le Trixadus neboni, insecte qui vit dans le bois mort.

L’une des applications d’une Gestion Différenciée consiste à destiner des îlots au vieillissement ; là, on laisse le bois mort sur pied. En effet, 40% de la biodiversité forestière est liée au bois mort.

Les actions effectuées sur les Parcs du Sud du département sont relayées dans les forêts domaniales, ce qui profite à la faune qui migre ainsi entre tous ces espaces naturels.

La vocation du plan de gestion du Parc boisé de la vallée aux loups est qu’« en étant conforme au Schéma des Espaces Naturels Sensibles, de permettre la mise en œuvre d’une méthodologie qui doit être, à terme, applicable à n’importe quel espace naturel (…) »

Papilio alexanorIl préconise : la taille des gaulis de merisiers, aucune taille sauf pour la sécurité (le long des allées), le transfert des bois morts dans les Zones Naturelles Protégées (ZNP) ou la conservation sur place s’ils ne présentent aucune gène, la gestion du lierre et la surveillance de la prolifération des arbres envahissants (marronniers, érables…)

 

*Avec l’accord de la direction des Espaces verts et de l’Unité Espaces Naturels :

Inspiré du PLAN DE GESTION, Parc de la Vallée aux Loups, Secteur entrée sud-est, Conseil Général des Hauts de Seine, Direction des espaces verts, Division directoriale Sud, Stéphanie Bertrand, Bertrand Couillebaud, Pierre Jean Widehem, Avril mai 2001

         Et par la consultation du mémoire présenté par Marc Godeau, pour l’obtention du diplôme d’ingénieur des techniques agricole, option, Productions végétales – forêt cultivée. « Régénération des boisements en milieu urbain : CAS DU PARC DEPARTEMENTAL DE LA VALLEE AUX LOUPS, Etude réalisée au département des hauts de Seine, direction des services techniques, et des espaces verts, 1995

Description des opérations :

  • Polyommatus icarus Polyommatus icarus vert:bleu Polyommatus icarusLa taille des gaulis de merisiers constitue une opération pour la gestion de l’habitat.

La surface occupée par les gaulis de merisiers est trop petite pour évoluer en bosquets, pour cela il est recommandé de constituer une haie arbustive, et donc d’éclaircir légèrement chaque année les merisiers en favorisant les arbustes déjà installés (ici crataegus monogyna, cornus sanguinea…). Les outils ne doivent pas être motorisés. Cette haie a un rôle essentiel pour protéger la prairie (cf., C. Friches)

  • La taille de sécurité pour les arbres isolés, le long des allées, opération qui est liée à la fréquentation et l’accueil du public.

Le long des allées, les arbres isolés doivent être vérifiés régulièrement. Les branches mortes sont un risque pour les usagers. Le gestionnaire doit donc intervenir pour les tailler et transférer le bois en ZNP si besoin.

  • Le transfert des bois morts dans les Zones Naturelles Protégées est une opération liée à la gestion de l’habitat.

Le bois coupé peut soit être évacué dans la Zone Naturelle Protégée, soit être conservé sur place s’il ne présente aucune gêne pour les usagers. L’enlèvement et les déplacements des bois morts ont lieu à l’automne, chaque année si nécessaire. Les branches mortes doivent être disposées en tas, les troncs sont posés en forme de stères et servent de cavité pour la petite faune.

  • La gestion du lierre est une opération liée au suivi écologique.

Sur la plupart des vieux arbres, le lierre recouvre une partie des troncs. Il forme un habitat idéal pour certains oiseaux ou insectes. Dans un boisement, le plan de gestion suggère de tolérer 3 arbres sur 10 recouverts de lierre.

Il est préconisé de laisser le lierre en place sur les arbres, toutefois, si leur colonisation s’étendait sur l’ensemble du boisement, il serait utile d’effectuer une légère taille de ce lierre et de l’évacuer.

  • La surveillance de la prolifération des arbres non désirables est une opération de suivi écologique.

Colias crocea et Martin photo - copieConcernant le peuplement forestier, le gestionnaire doit surveiller l’évolution et la prolifération des arbres envahissants, comme ici les marronniers, les frênes, robiniers et érables, qui ont tendance à produire un boisement monospécifique. Leur arrachage est préconisé au printemps en cas d’envahissement.

La prairie avec les ronciers, les fourrés et les boisements sont les quatre types d’habitats caractéristiques des friches et je me propose d’étudier maintenant ce type d’espace. Un délaissé, peu reconnu qui a pourtant un rôle écologique extrêmement intéressant pour ne pas dire fondamental

Pour exemple je prendrai le cas des friches de la Vallée aux Loups préservées en l’état, avec la vocation de faire connaître l’intérêt de ce type de milieux au potentiel encore souvent très méconnu.

C. Les friches*

898-898Les friches de la Vallée aux Loups font partie de l’espace naturel sensible du Parc.

Un espace naturel sensible est une zone où la gestion est soucieuse de préserver la biodiversité dans un cadre fortement urbanisé

Les friches sont en régression constantes, ce sont des milieux fragiles, abritant un très grand nombre d’espèces caractéristiques qui sont condamnées à disparaître dans les mêmes proportions ; aussi le CG92 fait un essai dans le secteur sud-est du parc boisé de la Vallée aux Loups qui répond à sa politique de préservation de l’environnement.

Les friches sont composées de milieux de type prairies et fourrés, ou ronciers, ou boisés. Leur répartition dans l’espace compose des habitats d’un grand intérêt écologique. Ces stades de végétation évoluent très vite dans le temps vers une fermeture du milieu. Le plan de gestion du Conseil Général préconise de conserver les friches en l’état sans évolution vers le boisement en conciliant l’entretien et la restauration des milieux avec l’accueil du public et la protection de la faune et de la flore.

Fidèle à l’approche du plan de gestion du CG92, dans une première partie, je retracerai l’inventaire des opérations de gestion des habitats, dans une deuxième partie je présenterai les actions favorisant la biodiversité du milieu « friche », puis les actions prévues pour pérenniser les aménagements existants. Je conclurai en restituant le bilan des cinq années de gestion écoulée et dont les conclusions méritent une attention particulière.

    1. Conserver la diversité des habitats « friches » et l’alternance entre les milieux ouverts et les milieux fermés.

On a vu précédemment la gestion différenciée des prairies et des boisements ; aussi je ne reviendrai pas sur ces milieux dans cette partie, mais j’aborderai la gestion des fourrés et des ronciers   

* D’après Le Plan de Gestion 2006-20010 du Parc de la Vallée aux Loups, les friches, entrée SUD-EST du parc bois.

Les fourrés sont des formations végétales, denses et impénétrables qui favorisent la nidification des oiseaux. Le but de la gestion du fourré est de conserver des arbustes et non les arbres. Cela nécessite des recépages d’arbres ou des tailles. La gestion est minutieuse et bien étudiée.

Pour pérenniser l’habitat fourré, les opérations de gestion à prévoir sont les suivantes :

  • Coupe des arbres indésirables
  • Taille en périphérie
  • Implantation de piquets
  • Eclaircir les fourrés de l’intérieur
  • Taille des ronciers

 pureté verte pureté douceLa coupe des arbres non désirables est une opération de gestion de l’habitat à effectuer en octobre novembre. Elle consiste dans :

–   La coupe des arbres au ras du sol ou à leur arrachage si possible, avant qu’ils ne prennent le dessus sur les arbustes.

–       La conservation des essences sélectionnées pour leur utilité pour la faune ici :

Le cornouiller sanguin (Cornus sanguinea)

Les ronciers (Rubus fruticosus)

L’églantier (Rosa canina)

Le prunellier (Prunus spinosa)

L’aubépine (Crataegus monogyna)

Le genêt à balais (Sarothamnus scoparius)

  • La Taille en périphérie est également une opération de gestion de l’habitat

11839421931004509_10151849589478582_26436137_nUn fourré est intéressant sur le plan écologique lorsqu’il possède un front irrégulier. Le gestionnaire doit accentuer au maximum cette caractéristique afin de conserver un milieu propice à la faune. La taille de la périphérie doit se faire à l’automne (octobre, avant l’hibernation des animaux) une fois tous les trois ans. (empêche l’avancée sur les prairies)

  • L’implantation des piquets est une opération de suivi écologique. Il consiste en :

–       Piquetage de l’emplacement des ronciers et fourrés pour contrôler le développement de la

végétation.

–       Vérification de l’emplacement des piquets à chaque fauche et remplacement des piquets

  • Eclaircir est une opération de gestion de l’habitat. Cette opération s’effectue tous les 5 ou 6 ans par rotation sur 3 fourrés et l’opération doit être effectuée aux mois d’octobre, novembre. Il s’agit de :

–       Retailler légèrement leur masse de l’intérieur

–       Opérer de façon manuelle avec beaucoup de précaution. Ne pas créer des éclaircies fortes mais alléger la masse végétale en évacuant les branches mortes et en retaillant les pousses vertes.

–       Etre attentif à la sélection de la masse végétale, et ne conserver que des végétaux caractéristiques des friches.

–       Les arbustes en touffe (troènes, noisetiers, prunelliers…) sont éclaircis en coupant une branche sur trois, en choisissant la plus vieille.

–       Les arbustes ayant la forme de petits arbres (aubépines, cornouillers…) sont recépés et traités ensuite comme des touffes.

–       Ne pas tailler les houx.

  bio          Les ronciersoffrent la possibilité de refuge et d’alimentation pour les oiseaux, les insectes et les mammifères. Ils sont impénétrables avec une hauteur d’environ 2 mètres. Tous les 3 ou 4 ans une partie du roncier (1/3 à 1/4) sera coupée au ras du sol. Ceci permet son renouvellement.

  • La taille des ronciersest encore une opération de gestion de l’habitat qui nécessite de :

–       Tailler (à l’automne) par rotation un tiers à un quart de la surface, tous les 4 ans

–       Tailler au ras du sol et évacuer la matière végétale

  1. Opérations à effectuer pour favoriser et conserver la biodiversité du milieu « friche »

a)    conserver et créer des habitats pour la faune

  • Conservation des arbres et arbustes morts sur pied

–       Conserver les arbres et arbustes morts sur pied quand ils ne présentent pas un danger immédiat pour le public. Ces spécimens sont propices aux espèces d’insectes xylophages et aux oiseaux.

–       Dans les zones naturelles protégées, la totalité des arbres morts doit être conservée quand cela est possible, ou en chandelle quand il y a risque de chute du houppier sur les allées ou les clôtures.

  • Pose de nichoirs avicoles

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–       Pose de nichoirs avicoles

–       Pose à hauteur de 3 mètres à 6 mètres suivant les modèles

–       Ouverture orientée vers le sud-est

–       Numéroter et cartographier

–       Eviter de poser les nichoirs sur des jeunes arbres, car ils sont peu stables

  • Pose de gîtes a chauves-souris

 

–       Pose de gîtes à chauves-souris

–       Numéroter et cartographier

–       Pose en des endroits ensoleillés (sans obstacles devant le trou d’envol), par groupe de 3 à 5 gîtes espacés de 5 à 10 mètres

–       Hauteur de pose 3 à 6 mètres

–       Fixer les gîtes sur des gros troncs pour plus de stabilité

  • Entretien d’un pierrier en meulière

bancs couleurCréation d’un pierrier en meulière dans la zone naturelle protégée dans un endroit ensoleillé. (Hauteur de 0.50 mètres minimum et un diamètre de 1.50 à 2 mètres ; une cavité en son centre accessible par une entrée au niveau du sol, orientée sud-est). Un pierrier permet d’accueillir des hérissons et autres petits mammifères, et procure une zone de chaleur pour lézards ou orvets.

–       Dégager la végétation qui recouvre le pierrier, chaque année à l’automne

  • Création d’abris pour la faune

 

Création de tas de bois (résidu d’élagage et abattage d’arbre) dans la zone naturelle protégée

–       Conserver les bois de grande dimension lors d’abattage

–       Disposer en stère. Le tas de bois peut servir de refuge aux hérissons et permet le développement des larves d’insectes xylophages.

  • Entretien d’une haie d’aubépine

mandalaPérenniser cet habitat qui représente une zone refuge pour la faune

–       Epaissir la haie d’aubépines sur une largeur d’un mètre et une longueur de 13 à 14 mètres, soit avec des plantations soit en sélectionnant des aubépines, des houx, de prunelliers, …

b)    Contrôler la qualité écologique du site

  • Nettoyage et relevés des nichoirs

–       Nettoyage : tous les ans, d’octobre à février. Enlèvement du nid de l’année

–       Relevé : identification de l’espèce, du type de nichoir…

  • Renouveler les relevés faunistiques et floristiques

–       Relevés faunistiques et floristiques tous les 5 ans, quantitatif et qualitatif par des organismes compétents (mammifères, avifaune, entomofaune, botanique). Ces études permettent d’appliquer une gestion plusappropriée suivant les résultats.

  • Suivi de terrain régulier des espèces intéressantes

Suivi de terrain de la faune et de la flore une fois par mois. Ces suivis serviront à signaler toutes nouvelles espèces végétales ou animales, qui se seraient installées.

 papill-Flore

 

c)     Favoriser les espèces naturelles

 

  • Contrôle des plantes, arbustes, et arbres d’origine horticoles

 

–       Suppression des espèces horticoles : laurier cerise, renouée du japon…Plusieurs essences de végétaux introduites concurrences les espèces autochtones et peuvent entraîner un appauvrissement du milieu. Leur élimination permet à des espèces végétales en régression de coloniser le terrain.

–       Arrachage manuel une fois par an, en hivers ou au début du printemps

–       Etablir un recépage et un contrôle des espèces à éradiquer le restant de l’année.

  • Plantation de végétaux

Les végétaux plantés à l’occasion d’aménagement doivent rester naturels et caractéristiques du site ou ils sont installés. Eviter les espèces à caractère envahissant, horticole ou exotique. Préférer les espèces indigènes et/ou se raréfiant et les espèces profitant particulièrement à la faune.

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  1. Pérenniser les aménagements existants

 

a)    Entretient de la voirie

 

 

  • Désherbage des allées

 

–       Désherbage des allées une fois par mois, des allées et des entrées du parc ; manuellement ou avec un appareil thermique, pour éviter toute pollution chimique des sols

  • Nettoyage des caniveaux

–       Nettoyage des caniveaux et des regards une fois par mois, suivant la météo

–       Vérification une à deux fois par semaine

Les amphibiens (crapauds, grenouilles…) trouvés dans les caniveaux doivent être sortis et déposés en lieu sûr à proximité. L’entreprise doit systématiquement prévenir le gestionnaire de la présence des amphibiens.

  • Ramassage des feuilles mortes

–       Ratissage ; à l’automne ; des entrées et des allées deux fois par semaine en début et en fin de semaine. Les feuilles ramassées sont étalées en sous-bois.

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b)    Entretenir les jeunes plantations

  • Suivi des arbres fruitiers

–       Suivi de l’arrosage en été pendant les trois mois premières années

–       Ne pas tailler les arbres de plein vent et conserver leur aspect naturel

  • Entretien des haies bocagères

–       Arrosage des jeunes plantations de la haie, les trois premières années

–       Taille sur trois faces en limitant la hauteur à 1.20m en automne

–       Evacuation des déchets

  • Entretien des haies champêtres

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–       Arrosage des jeunes plantations de la haie, les trois premières années

–       Recepage tous les 8 à 15 ans

–       Taille latérale une fois tous les deux ans ; entre les mois de septembre et février, éviter la période de nidification de mars à août.

–       Evacuation des déchets

 

c)     Entretien des limites de propriétés

 

  • Tonte de la pelouse

–       Tonte sur 2 mètres de la limite de propriété ; 2 à 3 fois par an. La tonte pourra être effectuée mécaniquement et les déchets seront évacués sur-le-champ.

Eviter l’utilisation de girobroyeur très dommageable aux insectes.

d)    Prendre en compte la transition entre deux modes de Gestion différents

Le haut des friches (la maison du Parc) est géré de façon traditionnelle. L’intégration du mode de gestion plus doux (dans le bas des friches) ne doit pas choquer dans le paysage. Une transition visuelle doit s’opérer de manière progressive entre les deux modes de gestion.

e)    Créer une zone intermédiaire en haut des friches

Une prairie est gérée en gestion différenciée, sur la partie de transition, elle est fauchée une à deux fois par an.IMG_7503

 Conclusion du bilan de cinq années de gestion

           Les cinq objectifs qui dirigeait le plan de gestion précèdent comptait : la conservation de l’habitat friche, favoriser et conserver la biodiversité, pérenniser les aménagements existants, prendre en compte la transition entre deux modes de gestion, communiquer pour une meilleur compréhension.

Il ressort que le milieu ne s’est pas refermé, les panneaux d’information sont appréciés et respectés par le public, la fauche tardive et la mise en meule sont également respectées, Les études écologiques ont démontré l’intérêt de la fauche tardive (mois d’octobre) avec la présence de 20 espèces de lépidoptères (famille des papillons), 16 espèces d’hyménoptères (insectes butineurs comme les abeilles présentent grâce à la mise en place de ces fauches.)

Le plan de gestion a pu être amélioré d’après les premières observation et les conclusions précisent notamment de prévoir la taille annuelle de la périphérie des fourrés pour contenir leur expansion, une rotation de la taille des ronciers sur trois ans plutôt que quatre ans, et réaliser la fauche des prairies par temps ensoleillés en demandant à l’entreprise d’être flexible sur son planning de prévision des fauches

II. Parcs Pilotes de la Gestion Différenciée dans les Hauts de Seines

« Plus la biodiversité s’érode, plus les gestionnaires d’espaces naturels se renforcent et se diversifient. On assiste ainsi à la montée en responsabilité des collectivités locales- par le biais de Natura 2000-, des espaces naturels sensibles, des réserves naturelles régionales ; tandis que l’évolution de la gestion forestière (… et des différents milieux) sont désormais des réalités. De nouveaux acteurs font donc leur apparition dans la cour des gestionnaires qui oeuvrent à la préservation, depuis un demi-siècle.

coeur vert vole!Or, les gestionnaires du « canal historique » de la biodiversité ne sauraient ignorer cette évolution, qu’ils ont eux-mêmes suscitée : pionniers dans ce domaine, ils ont la responsabilité de toujours anticiper.

(…)Tout comme l’Aten, qui a mené une réflexion prospective, le conseil d’administration du groupement d’intérêt public a fait le choix d’un avenir ambitieux qui doit faciliter l’entrée équilibrée de nouveaux gestionnaires et l’élargissement à de nouvelles thématiques patrimoniales.

Oui, nous sommes déterminé; déterminés à partager notre expérience, à renforcer les échanges, les mutations, les pratiques avec cette conscience d’une ardente obligation de résultat.

A travers cette ouverture, nous veillerons à ne pas nous couper du terrain.

L’expérience des gestionnaires et leur contact avec tous les acteurs constituent, en effet, l’un de nos principaux atouts ; ils alimentent l’arbre de la mutualisation qu’est l’Atelier technique des Espaces naturels. Nous saurons également faire évoluer nos services pour atteindre des performances à la hauteur de l’attente des professionnels, notamment par une plus grande pro-activité.

Nous veillerons, enfin, à conserver cette éthique naturaliste, loin de ceux qui seraient tentés de considérer la biodiversité comme un effet d’annonce, voire une opportunité financière, le tout sans véritable obligation de résultat. Notre réponse collective doit être à la hauteur des enjeux, c’est-à-dire sans retenue !

Nous n’avons pas peur de l’évolution puisqu’elle conduit à la révolution de nos comportements, de nos méthodes et de nos réflexions.

Alors, « aux actes gestionnaires ! »  »

Dit PHILLIPPE KNIBIELY, président de l’Atelier technique des Espaces Naturels, dans l’éditorial de la revue Espaces NATURELS n°21, de janvier 2008.

printempsSon discourt appelle, à l’instar de ma démarche, des actions du Conseil Général des Hauts de Seines et de nombreux autres acteurs du paysage une réaction collective et une mobilisation concertée autour des meilleures expériences.

Les trois cas concrets que je vais maintenant présenter sont diamétralement opposés les uns des autres. Ce sont trois parcs départementaux du 92, significatifs et remarquables de la façon suivante :

Il s’agit du parc de la Vallée aux loups dont la vocation « naturelle », la valeur culturelle et la fragilité absorbe assez naturellement une gestion écologique.

Le parc de Seaux intègre la gestion différenciée de façon moins instinctive, mais montre comment l’intégrer à un jardin à la française et réussit à lui apporter une richesse supplémentaire.

Enfin, dans une troisième partie, j’étudierai le parc de l’île Saint Germain, qui permet de prendre du recul, puisque dès sa conception, il a été pensé dans l’esprit de cette gestion écologique.

Le Parc de la Vallée aux Loups

La Vallée aux Loups est un parc paysager, naturel et protégé qui est découpé en parcelles historiquement indépendantes les unes des autres. L’île verte a appartenu au peintre Jean Fautrier, le jardin associé au musée fut la demeure de Chateaubriand, l’Arboretum, ancienne propriété Croux, est un chef d’œuvre végétal (tout comme l’île verte), les friches dont on a parlé plus hauts sont une précédente propriété Cadoux et le lieu dit des porchères, que je vais présenter également est un exemple de ZNP, particulièrement intéressant pour son stade d’évolution avancé.

Tout d’abord voyons quelques points sur lesquels s’accorde l’ensemble de la Vallée aux Loups.

  1. Présentation au public de la Vallée aux Loups 

 boutiqueLa Feuille duParc de la Vallée aux Loups est un document distribué au public par le Conseil Général et également diffusé sur le site : www.hauts-de-seine.net. Il renseigne sur la présentation de la gestion différenciée telle qu’elle est lisible pour le promeneur. Les quelques points qu’elle présente correspondent à l’état d’esprit du parc et à sa vocation ultra « naturelle » :

 Dans le mode de gestion, la démarche environnementale est toujours une priorité, qu’elle se traduise par un meilleur confort des visiteurs, des économies réalisées tout en favorisant le développement harmonieux des végétaux ou des techniques choisies pour la biodiversité.

Quelques exemples représentatifs de l’ensemble de la Vallée aux Loups :

Réaliser des économies d’eau par la technique de paillage

Sur l’ensemble du site de la Vallée aux Loups est mise en place une technique de paillage au niveau des nouvelles plantations et des massifs arbustifs de l’Arboretum.

Il s’agit de réaliser un recouvrement au sol, à proximité des espèces plantées au moyen de substances naturelles (fibres d’écorces associées à de la fiente de mouette) afin d’éviter le développement d’herbes indésirables et de maintenir plus durablement l’humidité. Cette technique présente ainsi deux avantages : elle permet d’éviter les actions de désherbage et de réduire la consommation d’eau.

Une Zone Naturelle Protégée (ZNP)

verdureUne nouvelle parcelle vient d’être acquise par le département. D’une surface d’1,6 hectares, elle est fermée au public et essentiellement boisée.

Une étude écologique y est menée et une haie devra l’isoler des bâtiments environnants. Le plan de gestion de ce secteur prévoit notamment son ouverture aux visites guidées. Les objectifs concernant cette parcelle consistent dans la préservation du milieu et le développement de la biodiversité.

Protéger les végétaux par la lutte biologique

Afin d’éviter les traitements chimiques contre les ravageurs de plantes ou d’arbustes, une lutte biologique est mise en œuvre. Elle consiste à réaliser des lâchers d’auxiliaires, tels que les coccinelles ou certains acariens, ennemis des ravageurs, sur des espèces menacées, tilleuls, hêtres, arbres fruitiers ou même convolvulacées, aussi bien en serre qu’à l’extérieur. Ainsi, la protection de ces espèces s’opère naturellement.

Des zones de silence

Dans le but de favoriser le confort du public, notons qu’elles profitent aussi à la faune, un contrat a été passé avec l’entreprise d’entretien. Des zones de silence ont été définies sur le site, où le matériel bruyant est complètement proscrit.

On retrouve également ici les fauches des prairies, effectuées pour des raisons esthétiques en juillet et tardivement dans l’automne pour respecter les cycles de reproduction des insectes.

  1. L’île Verte*
  • présentation du site

Au Nord de la Vallée aux Loups « L’Île verte » est aussi le nom d’un tableau exécuté par Jean Fautrier en 1958.L’inspiration artistique qui caractérise ce site unique transparaît     passionnément dans cette propriété où la végétation déborde, obéissant à l’esprit des grands paysagistes anglais partisans du retour à la nature. Une prairie de fauche surplombe un étang, lesquels sont entourés de boisements. Plus loin un aménagement neuf dessine des parterres de type moyenâgeux cerclés de rosiers en palissades.

Pour établir un plan de gestion différenciée, il est nécessaire de rendre compte du résultat des inventaires écologiques avant de préciser les orientations de gestion.

Ces inventaires sont de l’ordre floristique mais aussi faunistique : avifaune, batrachofaune, mammofaune, mais n’ont pas encore été effectués pour l’enthomofaune (insectes).

*L’Ile verte, Espace naturel sensible, à Chatenay Malabry, inventaire et proposition de gestion.   Direction de l’aménagement et du développement durable. Conseil Général des Hauts de Seine, juin 2005

  • L’inventaire botanique

douxL’inventaire botaniquea permis d’inventorier 168 espèces de plantes vasculaires, non comprises les espèces horticoles et les plantes ornementales exotiques :

Parmi les boisements sont représentés un groupement de type Chênaie-sessiflore très éclaircie (avec la présence d’assez gros chênes sessiles et châtaigniers), une zone caractérisée par une allée de marronniers avec plantations de thuyas, où la flore herbacée reste très pauvre, une zone où le charme commun et l’érable sycomores dominent et une zone plus artificielle, notablement rudéralisée, avec abondance d’orties.

La prairie décline un groupement hybride mésophile à mésohygrophile entre des prairies de fauche et des prairies pacagées. Le cœur de la prairie est dominé par la fétuque rouge et la houlque laineuse. On note la présence de deux orchidées : l’Ophrys abeille et l’Orchis pyramidal.

  • Les inventaires faunistiques

Les inventaires faunistiquesont mis en évidence 22 espèces d’oiseaux, la présence du crapaud commun (Bufo bufo) protégé par la directive Habitat, la présence massive de l’écrevisse à pattes grêles, qui est une espèce invasive, qui consomme les œufs de batraciens. Le renard, l’écureuil roux, le hérisson d’Europe, la musaraigne musette, le mulot sylvestre, la pipistrelle commune et la fouine ont également été repérés.

  • Gestion et menus aménagements
  1. Réhabilitation de la zone humide

papillon mainL’étang constitue une zone potentielle de biodiversité. La création d’une rive en pente douce, réalisée en terre, sur 20 à 25% du pourtour de la pièce d’eau, a permit le développement d’une roselière plus importante et l’apparition d’une ceinture de végétation hélophyte, auparavant uniquement représentée par un peuplement quasi monospécifique de roseaux communs.

La présence alentour de tas de feuilles, de branches, de bûches de pierre et/ou de sables grossiers ainsi que celle de murs offrant de nombreuses infractuositées, constitue par ailleurs un complément indispensable au milieu humide, sites potentiels de repos et de nourrissage pour les batraciens.

Pour la présence de écrevisses à pattes grêles, seule la capture semble appropriée.

  1. Traitement de la prairie

Deux espèces d’orchidées sont présentent, ce qui justifie une fauche tardive avec exportation soigneuse de la biomasse (compostage possible sur le site), favorisant l’expression botanique de la prairie Il convient d’éviter les apports d’engrais ou les produits anti-mousse. Une autre partie de la prairie, plus retirée, est soumise à un rythme de fauche bisannuel et compte avec une zone de repli pour les insectes lors de la coupe. La préservation de tiges lignifiées est prévue comme support de ponte pour les insectes.

 

  1. Renforcement des liaisons biologiques

Cette intervention concerne surtout la présence des mammifères. Les clôtures comportent plusieurs points de passage, sous la forme d’ouvertures de 15cm de largeur, par 10 de hauteur (minimum), placées au niveau du sol.

  1. Gestion des boisés

L’Ile verte est un jardin, entretenu et domestiqué, où l’essentiel du bois mort est ramassé. Par rapport à d’autres bois plus naturels, les capacités d’accueil pour la faune indigène sont donc limitées. Le maintient du bois mort au sol, non dangereux est la seule intervention spécifique préconisée.

 

  1. La prairie du parc de la maison de Chateaubriand*
  • Un petit historique

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Le parc de la maison de Chateaubriand est un jardin musé dont la topographie accidentelle rend malaisé le fauchage de la prairie. Dés 1990, le conservateur du domaine prône la gestion en prairie fauchée, pour mieux restituer l’atmosphère qui fut celle de la Vallée aux Loups au temps de Chateaubriand. Par ailleurs, il sollicite l’arrosage ponctuel de la prairie en pèriode de sècheresse et l’ensemencement de fleurs sauvages : Coquelicots, bleuets, marguerites, achillées, œillets… en mélange avec des graminées en fond de parc.

Il propose également de faire des fauches des évènements pour le public, ce qui participe à une sensibilisation et à l’aspect pittoresque du lieu. La pose d’un réseau d’arrosage a été abandonnée mais le fauchage de la prairie fut effectué trois à quatre fois par an, au moyen d’une barre de coupe alternative tractée par un cheval. Le ramassage de l’herbe était fait manuellement.

Il s’est avéré que le fauchage au moyen d’un cheval n’était pas très fiable et sa faisabilité hasardeuse. Il fut donc abandonné et il est présentement motorisé malgré les gênes dues aux nuisances sonores.

poésieLa gestion de la prairie doit ici répondre à des critères bien distincts et contradictoires, soit qu’ils s’attachent à répondre aux caractères historique, esthétiques ou botaniques et afin de répondre à tous, il a été élaboré un plan de gestion qui graduellement fait évoluer le paysage depuis les abords du musée jusqu’au fond du parc. Ainsi, on passe d’un entretien très soigné qui se manifeste notamment par une coupe rase à un lieu très naturel qui rallie l’esprit général de la Vallée aux Loups et respecte les intérêts de la flore et de la faune sauvage.

C’est le projet de Monsieur Gille Clément qui brosse le paysage de ses trois vagues : le gazon est d’abord « brossé », puis « échevelé », et enfin « sauvage ». Ainsi les exigences opposées trouvent-elles leur solution dans un espacement des tontes raisonné par secteur.

Le document qui m’apporte ses notes sur l’entretient de la prairie sur la Propriété de Chateaubriand propose également les mélanges de fleurs sauvages et les dosages de semis que je vous retransmet en annexe de ce document.

  1. L’Arboretum, et les amphibiens. *

La gestion différenciée, c’est se rapprocher de la nature c’est pourquoi, il vient à ce niveau de l’étude des cas concrets qui vont s’intéresser aux populations locales. Cet intérêt n’est pas anecdotique et reste fidèle à une approche systémique de la gestion différenciée dans ce qu’elle a de concret.

tout rose main verteDans l’arboretum, les enjeux sont d’un autre ordre, et ce qui fera l’objet de mon attention c’est la présence relevée de populations d’amphibiens remarquables pour lesquelles le Conseil Général a pris soin d’établir un code visant sa préservation.

La présence du crapaud accoucheur (Alytes obstetricans), du Crapaud commun (Bufo bufo) ou du triton palmé (Triturus helveticus) justifie les mesures de précaution prises par le Conseil Général. Ces espèces sont en effet concernées par les directives nationales de sauvegarde des espèces menacées.

Il est entendu que les premières démarches consistent à observer et relever les populations locales. Ces démarches ayant été faites, il convient de recenser les atouts et les points faibles du site pour le maintien et le développement des populations.

Par exemple, pour le crapaud accoucheur, ici, les éléments favorables sont :

*D’après : L’arboretum, Parc de la Vallée aux Loups, inventaire et gestion des amphibiens, Direction de l’aménagement et du développement durable.

_ Plans d’eau à distances faible les un des autres ;

_Murets en schistes traités en mur de pierre sèches, avec de nombreuses anfractuosités, pouvant servir de cachettes ;

_une zone de galets de rivières et des postes pouvant servir au chant avec « réverbération » et amplification naturelle ;

_Présence de blocs de meulières à cavité et existence de petits ouvrages constituées en pierres plus ou moins maçonnées (grottes, micro-falaise, etc.) ;

_Rocailles et bordures de massifs ornementaux présentant des végétaux de collection ;

_des berges de plan d’eau verticales proposant des anfractuosités ;

_des berges enherbées ;

_l’absence d’éclairage ;

_l’absence de circulation automobile

Parmi les facteurs limitant la fréquentation, on trouve :boutique

_la présence de poissons carnivores, prédateurs des têtards ;

_présence très limité de végétation hydrophyte et hélophyte, qui ne fourni pas suffisamment de caches pour les têtards, très vulnérables ;

_le curage printanier de la mare ;

_les fauchages trop rapprochés de la végétation herbacée autour des plans d’eau

_pente trop abrupte dans les plans d’eau

_la difficulté de mise en liaison avec les autres sites de la Vallée aux Loups à cause de la présence de grands murs de séparation

_piège joués par le canal cimenté du ru dont les adultes n’arrivent pas toujours à sortir

_leur alimentation est limité

hérisson champi

Ainsi la gestion préconise-elle en rapport avec les observation des models pour l’amélioration des conditions de vie du batracien et pour son développement :

  • Apport de quelques blocs de meulière ou de pierres à cavités
  • Apport d’une couche de sable limoneux (30cm sur 3m²) sur un coin du pourtour de la pièce d’eau (lieu d’hibernation)
  • Création de quelques portions de berge en pente plus douce
  • Création de poches de végétation hydrophytes et hélophytes dans les plans d’eau
  • Maîtrise de la population des poissons ; création éventuelle de zones non accessibles aux poissons
  • Maintient de zones non fauchées sur 4 à 5 m sur certaines portions des berges
  • Planification des travaux de curage entre novembre et janvier, lesquels seront partiels
  • Création d’ouvertures aux bas des murs entre les différentes propriétés
  • Traitement plus naturel du lit du ru d’Aulnay
  1. Les Porchèresécureuil

Présentation du site

Le site dit des « Porchères » est situé dans la Vallée aux Loups au nord de l’Arboretum, il a une superficie de 1,6 hectares. Plusieurs sources naissent sur le flanc du coteau et déterminent des zones humides.

Historiquement, ce terrain a été utilisé par les pépinières Croux et l’aménagement qui avait été conçu a l’époque laisse encore la trace du U qui servait à retenir l’eau pour constituer une mare. L’eau servait à la production de saules. On distingue d’ailleurs encore quelques alignements de saules et de peupliers sur le site. Une végétation aquatique s’est installée dans la zone basse qui est resté humide.

Le site est entièrement fermé par une clôture de2m de haut et il est inaccessible au public. L’intérêt tout particulier que l’on peut porter à ce site qui est une Zone Naturelle Protégée se situe dans ce qu’elle est abandonnée depuis fort longtemps et son état profite de ce stade d’avancement où la végétation retrouve le dessus sur quelque intervention.

La parcelle se présente sous forme d’une zone boisée à 95% ; l’inventaire botanique fait état de belles formations d’aulnaie et d’aulnaie-frênaie au Sud, et de la présence de très beaux chênes au haut de la parcelle, de grandes berces et d’une couverture de sous-bois intéressante : Patience à sang de dragon, lierre…

La couverture végétale n’est pas dominée par l’ortie ou la ronce et la présence de chablis laissés en place après la tempête de 1999 constitue également un atout majeur du site profitant auxgenouille insectes xylophages. La présence de toutes les strates de la végétation arborée, le bon établissement de la végétation des milieux humides, la présence de clairières sont également intéressant, même si la clairière à scirpes est en voie d’atterrissement et nécessitera peut-être une intervention. Finalement dans ce domaine où l’on se plait à se remémorer le sens du mot : climax, le seul vrai problème vient de la présence de cette envahisseuse : la renouée du japon qui a tendance à envahir toute la Vallée aux Loups.

Retenons l’importance accordée à cette zone qui travaille pour le bien-être de la biodiversité ; il est nécessaire d’entrevoir un avenir où la présence de l’homme n’empêche pas qu’on consacre des lieux pour les populations d’espèces qui sans elles ne sauraient se maintenir.

 

            Les inventaires faunistiques révèlent en effet de fortes populations liées aux boisés : Grimperaux des jardins, Tourterelles turque, Sitelle torchepot, Pinson des arbres, Geai des chênes, Pic vert, Pic épeiche… et bien sûr une forte population d’insectes xylophages, qui profitent du bois mort y compris de celui qui est laissé sur pied. On retrouve aussi ici le Faucon crécerelle, associé comme le renard à la forte population des micro-mammifères : musaraigne musette, mulot…

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La suite,  article : la flore liée à la faune d’ile de France ici

La flore qui attire les papillons en France : ici 

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