Projet pour la Paix 2025/26 : L’objectif Compostelle partiel, le chemin continue vers Jérusalem


Il y a des moments où l’on croit avoir échoué.

On s’était fixé une destination. On avait imaginé une route, un calendrier, peut-être même une arrivée.

Et puis la réalité en décide autrement.

En mai 2025, je suis partie de Paris avec une intention simple et immense à la fois : marcher vers Compostelle pour la Paix, au nom de Rainbowmakers.

Je n’ai pas atteint Compostelle.

Ma marche s’est arrêtée à Sens.

Pendant quelque temps, j’ai regardé cette aventure comme un objectif qui n’avait pas été atteint. Aujourd’hui, avec le recul et surtout avec ce qui se dessine pour la suite, je la regarde autrement.

Je ne suis peut-être pas arrivée là où j’avais prévu d’aller. Mais j’étais bien sur un chemin.

De Paris à Sens : le premier chemin

Partir de Paris, marcher jour après jour, traverser les villes, les villages et les paysages, c’était déjà donner une réalité très concrète à cette idée qui accompagne Rainbowmakers depuis ses origines : la Paix ne se décrète pas seulement, elle se construit.

Elle commence parfois par quelque chose d’aussi simple qu’un pas.

Puis un autre.

Sur la route de Sens, il y eut la fatigue, les changements de programme, les rencontres et cette confrontation très simple avec la réalité : nos projets ne se déroulent pas toujours comme nous les avions imaginés.

Il a fallu revenir.

Et accepter que Compostelle ne serait pas atteinte cette fois-ci.

Mais pendant ce temps, quelqu’un d’autre marchait.

1 800 kilomètres pour la Paix : bravo Antonin

Notre trésorier, Antonin Dupuy, a continué à marcher.

Sans grand discours et avec une régularité remarquable, il a parcouru 1 800 kilomètres, à raison de 11,3 kilomètres par jour en moyenne pendant 23 semaines.

Ce chiffre nous avait déjà amenés à comprendre quelque chose d’essentiel : l’objectif n’avait peut-être pas été abandonné.

Il avait été transmis.

La marche n’était plus celle d’une présidente partie vers Compostelle.

Elle devenait une marche collective.

Un passage de témoin.

L’un avance lorsque l’autre s’arrête. Quelqu’un rejoint le chemin. Quelqu’un repart. Chacun donne les kilomètres, les jours ou simplement la présence qu’il peut donner.

Et cette idée prend aujourd’hui une dimension nouvelle.

Sens : un point d’arrivée devenu point de départ

Sens était le lieu où ma marche s’était interrompue.

Sens devient aujourd’hui autre chose.

Avec l’Aventure de Sens, le chemin retrouve une continuité et surtout une dimension collective qui correspond profondément à ce que Rainbowmakers cherche à construire depuis toujours.

Ce qui ressemblait à la fin prématurée d’un voyage devient ainsi une étape.

Et la destination change d’échelle.

Car désormais, le regard se porte beaucoup plus loin :

vers Jérusalem.

Marcher vers Jérusalem, autrement

Il ne s’agit plus pour Rainbowmakers de promettre qu’une seule personne parcourra intégralement des milliers de kilomètres.

Ce serait précisément oublier ce que cette première expérience nous a appris.

Nous voulons faire autrement.

Accompagner le chemin.

Le rejoindre lorsque cela est possible.

Et notamment être présents à certains moments particulièrement symboliques : les passages de frontières.

Parce qu’une frontière est un lieu étrange.

Elle sépare deux territoires, deux administrations, parfois deux langues et deux histoires.

Mais elle est aussi exactement l’endroit où l’on passe de l’un à l’autre.

Pour Rainbowmakers, qui porte depuis ses origines l’idée de créer des ponts pour la Paix, ces passages ont une force particulière.

Nous souhaitons donc, au fil de cette aventure vers Jérusalem, rejoindre la marche par périodes, selon nos possibilités, et accompagner certains franchissements de frontières.

Quelques jours.

Quelques kilomètres.

Une étape.

Puis peut-être une autre plusieurs mois plus tard.

Non pas pour revendiquer un exploit sportif, mais pour être là.

Pour marcher ensemble.

La Paix comme passage de témoin

Finalement, Antonin nous avait peut-être déjà donné la clé.

Il n’est pas nécessaire qu’une seule personne accomplisse tout le chemin.

La Paix elle-même fonctionne ainsi.

Personne ne la construit seul.

Une génération commence quelque chose que la suivante poursuit. Une personne porte une idée avant de la transmettre. Quelqu’un construit un pont que d’autres traverseront.

C’est aussi l’histoire de Rainbowmakers.

Nous avançons parfois vite, parfois lentement. Certains projets aboutissent exactement comme nous l’avions espéré. D’autres se transforment complètement en cours de route.

Mais nous continuons à choisir la même direction.

La Paix.

De Paris à Sens, d’abord.

Puis au fil des kilomètres parcourus par Antonin.

Aujourd’hui avec l’Aventure de Sens.

Et demain, par étapes et par passages de frontières, en direction de Jérusalem.

Il reste énormément de chemin.

Tant mieux.

Parce qu’au fond, le projet n’a peut-être jamais été seulement d’arriver.

Il était aussi de rencontrer ceux qui marcheraient avec nous.

On est sur le chemin qu’on choisit d’emprunter.
Nous choisissons la Paix.

« La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens. »

Charles Baudelaire

Départ
Catégories :Arcs-en-ciel

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